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Comme mentionné dans Vaéra, les dix plaies avaient pour objectif de révéler les dix Paroles créatrices du monde, qui correspondent également aux dix Sefirot, ces racines spirituelles schématiques de toute la Création.

Ainsi, la plaie des sauterelles (Arbe) est liée à l’énoncé divin du deuxième jour, « Yehi Rakia » (« Qu’il y ait une étendue »), où Hachem sépare les eaux d’en haut des eaux d’en bas. Les eaux d’en haut symbolisent l’émetteur, le principe d’influence divine, tandis que les eaux d’en bas représentent le récepteur, la créature terrestre.

Les Égyptiens, dans leur perception idolâtre, croyaient que leur abondance provenait de manière naturelle, attribuant leur prospérité au Nil, qu’ils adoraient comme une divinité. La plaie des sauterelles, qui obscurcit le soleil – source apparente de cette « hachpaa » naturelle – et détruisit toutes les récoltes, leur révéla la fragilité et l’éphémérité de la nature. Celle-ci n’a aucune consistance par elle-même, si ce n’est par l’action et la volonté d’Hachem.

Cette plaie correspond à la Sefira de Daat, qui a pour rôle de nuancer et de séparer les opposés, comme dans l’expression « Hamavdil ben kodesh lehol » (Celui qui distingue entre le sacré et le profane). Daat, en effet, comporte aussi une dimension de h’ikour (analyse profonde), car ce n’est qu’à travers une connaissance intime et réfléchie que l’on peut discerner deux éléments en révélant la particularité de chacun.

L’obscurité, quant à elle, est liée au Maamar « Yehi Or » (« Que la lumière soit »).
Le Malbim nous enseigne qu’il s’agissait d’une révélation du Or Haganouz – cette lumière cachée, réservée aux justes, qui, par sa puissance, devient une source d’aveuglement pour les impies. Elle correspond ainsi à la Sefira de Bina, ou le discernement, car cette lumière dévoile les détails et les subtilités de la Création, permettant une compréhension profonde de son fonctionnement.

Enfin, Makat Behorot (la mort des premiers-nés) se rapporte au Maamar « Berechit » lui-même, l’acte de création de la matière primordiale par laquelle Hachem a façonné toute chose, comme nous l’enseigne le Ramban. Ce « Rechit » (début) symbolise le véritable commencement : celui décidé par Hachem, qui donne à Son monde un but et une direction.

Les Égyptiens, en revanche, croyaient en un faux « Rechit » : ils vénéraient le bélier – premier signe du zodiaque – et les premiers-nés, auxquels ils attribuaient une force primordiale et un pouvoir absolu. Mais la révélation d’un vrai Rechit entraîne inévitablement la disparition de ce faux commencement, révélant son inexistence et sa vanité.

Cela correspond à la Sefira de Hohma, où la connaissance émerge du néant, tel un acte de création ex nihilo.

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