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Dvar Torah – Parachat Emor : Unité dans la diversité

Notre paracha aborde des sujets en apparence disparates : la sainteté du Kohen, la mitsva de Kiddoush Hachem, les fêtes, et le Chabbat. À première vue, ces éléments semblent déconnectés. Pourtant, en les contemplant plus en profondeur, on découvre qu’ils partagent une unité intrinsèque.

Le mot «עשן » (achane, fumée) est un acronyme pour Olam (le monde), Chana (le temps), et Nefesh (l’âme). La fumée provient du feu : alors que le feu éclaire et réchauffe, la fumée obscurcit et dissimule. De la même manière, Hachem a créé des réalités qui, en apparence, voilent la lumière de Sa gloire. Mais en vérité, ces voiles sont là pour permettre une révélation plus profonde, une Kiddoush Hachem – sanctification de Son Nom.

Dans cette optique, la fumée joue un rôle essentiel : elle atténue l’intensité du feu afin que sa lumière nous soit accessible, perceptible. Sans cela, la clarté divine serait insoutenable pour l’être humain.

Prenons l’homme, par exemple. Doué du libre arbitre, il donne l’impression qu’il peut, has véchalom, contrecarrer le plan divin. Le temps semble couler sans origine ni finalité. Le monde, quant à lui, par son étymologie liée à hé’elem (camouflage), nous fait croire qu’il tourne de manière autonome (olam keminhago noheg). Pourtant, ces trois dimensions – monde, temps, âme – proviennent toutes de Hachem.

Cela se reflète dans le développement du Nom divin, Havaya. La lettre you’d s’écrit en toutes lettres : you’d-vav-dalet. Le you’d, petit point, symbolise l’âme, l’esprit. Le vav, trait vertical, représente le temps. Le dalet, forme carrée, désigne l’espace, le monde. Ainsi, Hachem imprègne chaque dimension de Sa présence.

Dans notre paracha, le Kohen incarne la Kedoucha de l’âme, l’élite spirituelle de l’humanité. À travers son service dans le Temple et l’offrande des korbanot, il rappelle que toute créature – même animale – appartient à Hachem et sert à révéler Sa gloire. Oui, même « l’animal en nous » peut être sublimé.

La mitsva de Kiddoush Hachem, qui peut aller jusqu’au don de soi, nous enseigne que notre essence véritable n’est pas dans nos instincts, mais dans notre lien au divin.

Le Chabbat, quant à lui, sanctifie le temps. Il marque une pause dans le tourbillon du quotidien pour nous reconnecter à l’intemporel, à l’essentiel : notre lien à Hachem, un avant-goût du monde futur (mé’ein olam haba).

Les fêtes, elles, introduisent la sainteté dans l’espace. À l’époque du Temple, on montait en pèlerinage à Jérusalem, vers le Beth Hamikdach, lieu de la révélation divine dans l’espace. Le Kodesh Hakodashim transcendait même les lois physiques : il contenait plus que ce que ses dimensions matérielles auraient permis.

C’est pourquoi les fêtes sont appelées Regalim – des « pieds » –, car elles nous amènent vers notre destination : l’accomplissement de notre mission de sanctification du Nom divin.

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