
Le Hidoush Harim nous enseigne que Tou Bichevat est un jour dont l’influence est propice à la prolifération des paroles de Torah. En effet, la Torah étant le modèle du monde, chaque phénomène naturel reflète en réalité une conduite spirituelle dans les mondes supérieurs. Or, Tou Bichevat, fête des arbres où l’on célèbre l’apparition des nouveaux fruits, symbolise l’émergence de nouvelles révélations de la Torah issues de l’Arbre de Vie. La diversité des fruits que nous consommons en ce jour représente ainsi la curiosité intellectuelle que nous devons cultiver envers les enseignements renouvelés de la Torah. Elle constitue également une forme de tikoun (réparation) de la consommation du fruit de l’Arbre de la Connaissance par Adam Harichone.
Le Séfer Yétsira associe le mois de Chevat au signe astrologique du Déli (Verseau) et affirme : « Himlikh Tsadik beLeïta », signifiant que la lettre Tsadik règne sur l’alimentation. Ces paroles énigmatiques peuvent être éclairées ainsi : Déli, qui désigne un seau, évoque aussi l’idée d’élévation (« Ki Dilitani », « car Tu m’as élevé »). Il s’agit ainsi d’extraire l’eau enfouie dans la terre – symbole du désir enfoui dans la matérialité – et de la sublimer en hidouché Torah. Ainsi, le Tsadik règne sur l’alimentation (Leïta, pouvant même signifier « avaler »), car il ne rejette pas ses désirs, mais les élève au service divin – à l’image des fruits consommés à Tou Bichevat avec de profondes kavanot (intentions spirituelles).