פסח שני

Les sept semaines du Omer correspondent aux sept middot, les sept attributs émotionnels des sefirot : Hessed (la bonté), Gvoura (la rigueur), Tiferet (l’équilibre entre les deux précédentes), Netsa’h, Hod, Yessod et Malkhout

Les trois premières semaines représentent respectivement Hessed, Gvoura et Tiferet, tandis que la quatrième et la cinquième correspondent à Netsa’h et Hod. Or, Pessa’h Cheni tombe toujours au début de la semaine de Hod — ce n’est pas un hasard, et il convient d’en explorer le sens profond. 

Netsa’h désigne une bonté qui passe par la rigueur — par exemple, faire souffrir un juste dans ce monde afin de le purifier pour l’Olam Haba. Hod, quant à lui, est l’inverse : c’est une forme de rigueur qui prend l’apparence d’une bonté — comme lorsqu’on récompense un racha dans ce monde, pour l’exclure du monde futur. Pourtant, cette générosité apparente vise à provoquer chez lui un sursaut, une prise de conscience. L’excès de matérialité est là pour qu’il réalise qu’il se détruit, et qu’il revienne, de lui-même, vers Hachem — à l’image de Rabbi Elazar ben Dordaya, dont la téchouva est née du constat qu’il avait touché le fond. 

C’est pourquoi Hod est lié au mot Hodaa — l’aveu, la reconnaissance, la soumission volontaire. Là où Netsa’h impose par la force, Hod cherche à faire émerger la soumission de l’intérieur. Et cela est infiniment plus grand. C’est dans cet esprit que nous prions : « Vehareshaa koula keachane tikhlé » — que le mal se dissipe comme la fumée, doucement, naturellement, sans violence. La fumée ne s’éteint pas sous la contrainte, elle s’élève puis disparaît d’elle-même. 

Hod est donc aussi associé à la lumière : celle qui fait briller les ténèbres elles-mêmes. Cette midda est incarnée par Aharon, qui allumait la ménora, cette flamme spirituelle nourrie d’huile matérielle. Aharon savait approcher le racha avec douceur, ce qui faisait naître en lui de la honte… et le ramenait, de lui-même, vers la lumière. 

De même, si Pessa’h est une délivrance descendue d’en haut, un acte divin miraculeux, Pessa’h Cheni, lui, naît d’une requête humaine (de ceux qui, impurs n’avaient pu participer au korbane pessah’) : « Lama nigara ? » — « Pourquoi serions-nous exclus ? » C’est l’expression même de la midda de Hod : une aspiration spontanée, sincère, des créatures qui veulent, de leur propre chef, s’attacher à la lumière divine. Et comme Hod vise à susciter une hodaa (reconnaissance) chez l’homme, la hodaa de l’homme provoque en retour celle d’Hachem — qui répond à leur appel et instaure Pessa’h Cheni

Notons enfin que Lag BaOmer, qui marque la hiloula de Rabbi Chimon bar Yohaï, tombe lui aussi durant la semaine de Hod. Ce n’est pas un hasard : Rabbi Chimon est celui qui nous a légué le Zohar haKadoch, lumière divine capable de transformer l’obscurité elle-même en clarté, et de dévoiler que, dans les profondeurs les plus sombres, brille déjà la lumière de l’Éternel. 

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