
Il est écrit dans la Guemara de Shabbat que c’est l’Ange de la Mort – qui est également le Satan et le Yetser Hara – qui a transmis à Moché le secret de la Ketoret, capable d’arrêter la Maguéfa. Cette révélation soulève une question : pourquoi ce secret devait-il être dévoilé spécifiquement par cet ange ?
Le Rav Tsadok HaCohen explique que lors de la création de l’homme, chaque élément de l’univers, qu’il soit spirituel ou matériel, a contribué en lui offrant une part de son essence. C’est cette connexion universelle qui permet à l’homme d’utiliser les ressources de la création pour les élever et les sanctifier. Seule exception : l’Ange de la Mort. S’il avait, lui aussi, transmis une part de lui-même, l’homme aurait pu trop facilement détourner les ténèbres pour les mettre au service de la lumière.
Or, le secret de la Ketoret réside précisément dans cette capacité à transformer le mal en bien. C’est pourquoi il ne pouvait être transmis que par le Malakh Hamavet lui-même, et uniquement à un moment où les Bnei Israël s’étaient élevés au-dessus du concept du mal : celui du Don de la Torah.
C’est pour cette raison que la Ketoret comptait précisément 11 composants. Le chiffre 10 représente la sainteté, à l’image des 10 Séfirot. Mais parmi ces ingrédients, la Helbena, qui dégageait une mauvaise odeur, symbolisait les fauteurs et incarnait ainsi le concept du mal. Pourtant, une fois mélangée aux autres éléments, elle contribuait à sublimer le parfum de l’ensemble.
C’est également pourquoi la Ketoret était associée à Aharon, dont la spécificité était d’approcher les âmes éloignées et de les ramener à la Torah (Ohev et habriyot oumekarvan laTorah).
Nous devons en tirer un enseignement fondamental : au-delà des apparences, la finalité de toute chose – et de tout être – est de servir à la Avodat Hachem.