תרומה

Le Midrash nous enseigne que la Torah est une acquisition unique, qui, contrairement aux autres, contient en elle à la fois l’argent et l’or. Ces paroles, à première vue énigmatiques, nécessitent un approfondissement. Essayons donc de comprendre la symbolique spirituelle de ces deux éléments, car, comme nous l’enseigne le Ramban, la sainteté du Michkan est intimement liée à celle de la Torah.

Le Ramhal nous révèle que la racine spirituelle du kessef (argent) est le hessed (bonté), tandis que celle du zahav (or) est le din (rigueur). Si nous allons plus loin, nous constatons que kessef est étymologiquement lié à kissoufine, qui signifie le désir, tandis que zahav peut se lire ze hav, évoquant une matière achevée, acquise grâce au kessef. Autrement dit, l’argent représente un pouvoir potentiel, un moyen d’échange permettant d’atteindre une finalité, tandis que l’or symbolise la concrétisation de ce pouvoir d’achat. C’est pourquoi hakessef kone et hazahav : l’argent permet d’acquérir l’or.

Nous comprenons ainsi que le kessef, associé au désir et à la possibilité de connexion, est lié à l’amour et au hessed, tandis que le zahav, représentant l’accomplissement d’une quête absolue, est en rapport avec la midat hadin, la rigueur et la finalité.

D’après les enseignements du Gaon de Vilna, l’étude de la Torah est considérée comme le pouvoir potentiel qui mène à la pratique concrète des mitsvot. C’est pourquoi la mitsva, qui représente la finalité et est liée au din, est décrite par l’expression mitsvot lav lehanot nitnou (les mitsvot n’ont pas été données pour procurer du plaisir), tandis que la Torah, symbolisée par le kessef et associée au hessed, est une source de délice spirituel. Cela nous permet aussi de mieux comprendre l’énoncé gadol talmud Torah shemevi lide maasse : l’étude de la Torah est grande car elle mène à l’action.

Revenons maintenant aux paroles énigmatiques de notre Midrash. Leur sens profond serait que, contrairement aux autres acquisitions, la Torah est à la fois le désir et le potentiel (kessef), et en même temps la destination et la concrétisation (zahav). Cependant, la dimension ésotérique doit s’incarner dans le sens littéral, et nous devons donc aussi comprendre que pour la construction du Michkan, chacun était naturellement porté à offrir le bien matériel qui correspondait le plus à son propre profil spirituel : kessef, zahav ou ne’hoshet.

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