ארבעה פרשיות

On peut se demander pourquoi nos Sages ont institué la lecture des quatre parachiotChekalim, Zah’or, Para et Ha’hodech – spécifiquement durant le mois de Adar. D’autant plus à notre époque, où ces commandements ne sont plus directement applicables dans leur forme originelle. Pourtant, cette institution recèle une profondeur spirituelle remarquable, liée à la structure même de notre âme.

En réalité, ces quatre lectures correspondent à une forme de tikoun, de réparation intérieure, progressive et ordonnée. Les trois premières parachiot sont liées aux trois niveaux fondamentaux de l’âme : néfech, roua’h et néchama.

La néfech est la dimension la plus basse de l’âme, celle qui régit nos pulsions, nos instincts et nos désirs. L’argent – et en particulier le ma’hatsit hashekel, la « demi-pièce d’argent » – symbolise l’énergie du désir, ce que l’homme recherche, ce qui a pour lui de la valeur. Offrir cette pièce pour Hachem, c’est apprendre à canaliser ces pulsions vers un but plus élevé. C’est soumettre le néfech au service divin.

Le roua’h, quant à lui, représente le souffle de l’émotion, la force de l’amour et de la haine. Si l’on aime véritablement Hachem, on ne peut rester indifférent face à Amalek – cette force qui nie la Providence et s’oppose à la révélation divine. Comme il est dit : Ohavé Hachem sinou ra – « Ceux qui aiment Dieu détestent le mal ». La paracha Zah’or, qui nous ordonne de nous souvenir d’Amalek pour l’effacer, vise à rectifier cette dimension émotionnelle de l’âme, à orienter nos élans affectifs vers la vérité.

La néchama est le souffle le plus élevé de l’âme, celui qui relie l’homme au monde spirituel, à des réalités qui dépassent la matière et la logique. La Parachat Para, avec le mystère de la vache rousse, nous introduit à cette dimension : celle de la purification de la mort, l’impureté la plus profonde, avi avot hatouma. Se purifier de la mort, c’est reconnecter avec la néchama, avec l’éternité de l’âme, avec ce qui transcende l’obscurité du monde.

Après avoir accompli ces trois étapes de réparation, l’homme est prêt à accéder à Ha’hodech, le renouveau. Cette paracha introduit le mois de Nissan, symbole de renaissance, avec la mitsva de sanctifier le nouveau mois – kidouch ha’hodech. Elle représente la capacité de se réinventer, de redémarrer un cycle avec un regard nouveau, fort de la transformation intérieure opérée.

Le mois de Adar, dernier de l’année juive, est en soi paradoxal. Il est le mois de la mort de Moché Rabbénou, dont l’âme équivalait à l’ensemble du peuple d’Israël. C’est ce que pensait exploiter Amalek à travers Haman, en espérant que ce mois soit défavorable. En effet, Adar est le mois le plus éloigné de Nissan, le mois de notre naissance spirituelle. Mais c’est précisément cela qui fait sa grandeur : c’est dans l’obscurité qu’on prépare la lumière. Adar exige de nous un effort de surpassement, une capacité à renaître de l’intérieur.

Ainsi, la lecture de ces quatre parachiot durant ce mois nous offre un chemin de transformation. En réparant nos trois niveaux d’âme, nous méritons d’atteindre le renouveau du mois de Nissan, non pas comme une simple date du calendrier, mais comme une véritable renaissance de l’être.

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