סוכות

Les trois fêtes et les trois Avot

Nos Sages enseignent que les trois fêtes de pèlerinage correspondent aux trois Avot.

  • Pessa’h est associé à Avraham Avinou, car il représente le commencement de la création du Am Israël, tout comme Avraham fut le commencement de la foi en Hachem. De plus, Hachem fit preuve d’un grand ’hessed en libérant Israël d’Égypte alors qu’ils n’étaient pas encore méritants — tout comme Avraham incarnait lui-même la midat ha’hessed.
  • Chavouot, où le peuple proclama « Na’assé venichma », correspond à Its’hak Avinou, symbole du don de soi absolu et du sacrifice total pour Hachem, à l’image de la ‘Aqéda.
  • Le lien entre Soukot et Yaacov Avinou semble, en revanche, plus difficile à saisir — bien que la Torah nous dise que Yaacov construisit des soukot pour son troupeau.

En réalité, Yaacov est associé à la midat harahamim, la miséricorde. Cette qualité consiste à donner un lendemain à ceux qui sont encore faibles, à leur permettre de se reconstruire.
Le Maharal explique que le mot ra’hamim contient les lettres de ma’har (demain), et évoque aussi rehem, la matrice — lieu où la vie se développe lentement, dans la douceur et la protection.

Yaacov a ainsi instauré dans le monde la conduite divine du « af al pi she’hata, Israël hou » — même lorsqu’un Juif faute, il demeure toujours Israël.
Contrairement à Essav, qui incarne le din extrême et s’est séparé de la kedoucha, Yaacov enseigne que le lien entre le Juif et Hachem ne se rompt jamais, quelle que soit sa situation spirituelle.

Or, la fête de Soukot illustre parfaitement cette idée : elle symbolise l’élévation des faibles.
C’est pourquoi les aravot, qui représentent les Juifs dépourvus à la fois d’étude et de bonnes actions (comme la branche de saule sans goût ni parfum), sont néanmoins indispensables dans les arba minim.
De même, la mitsva de la soukka peut être accomplie dans les moments de simplicité : en mangeant, en se reposant, voire en dormant, c’est-à-dire dans nos états les plus vulnérables.

Les Méfarshim comparent cela à la ’helbena du ketoret : seule, elle dégage une mauvaise odeur, mais une fois mêlée aux autres éléments, elle participe à la bonne senteur de l’ensemble.
Ainsi, même celui qui paraît éloigné contribue à la beauté du service divin lorsqu’il se joint à la collectivité.

Mais on peut se demander : quelle élévation spirituelle possèdent donc les fauteurs ou les éloignés ?
En réalité, leur force réside dans la conscience de leur distance.
Tout comme le saule, qui pousse au bord de l’eau et reste assoiffé, celui qui se sent loin de Hachem ressent une soif ardente du divin.
Et cette soif peut le pousser à des efforts immenses pour combler l’écart, efforts qui parfois dépassent ceux des plus proches.

C’est cela que nous devons apprendre d’eux : même lorsque l’on croit être proche, devant l’infini divin, notre proximité n’est jamais suffisante.
Soukot nous rappelle que la véritable grandeur d’Israël réside dans l’union de toutes ses âmes, fortes ou faibles, car c’est ensemble que la Présence divine réside parmi nous.

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