פסח

Le Hatam Sofer enseigne que la valeur numérique du mot matsa est de 135, soit trois unités de moins que hamets, qui s’élève à 138. Ces trois unités font référence à trois éléments négatifs que possède le hamets : la kina (jalousie), la taava (désir) et le kavod (honneur). La Michna dans Pirkei Avot nous met en garde contre ces trois aspirations en déclarant : « La jalousie, le désir et la quête d’honneur font sortir l’homme de ce monde. »

Approfondissons le lien entre le hamets et ces trois pulsions destructrices, qui risquent d’éloigner l’homme de son monde futur.

Nos maîtres, notamment le Radbaz et le Hida, s’interrogent sur la rigueur extrême des lois entourant la recherche et la destruction du hamets.

La raison en est que celui-ci symbolise le yetser hara, le mauvais penchant qui se cache dans les recoins les plus profonds du cœur humain, et dont une seule « miette » peut suffire à tout corrompre.

Si l’on compare la fabrication de la matsa et du hamets, les ingrédients semblent identiques, à un détail près : la fermentation. Ce processus donne à la pâte un goût plus agréable, mais la rend également périssable. La matsa, au contraire, conserve sa forme originelle, dépourvue de superflu et d’artifices qui, en réalité, ne font que mener à la décomposition.

De la même manière, le yetser hara « gonfle » les désirs de l’homme pour l’attirer dans ses filets. Il commence alors à rêver d’honneurs, de plaisirs matériels et développe de la jalousie envers ceux qui y accèdent plus facilement que lui. Pourtant, tout cela n’est qu’un leurre, une illusion qui, comme le dit la Michna, « fait sortir l’homme de ce monde. »

L’exil (galout) se définit comme l’incapacité d’être soi-même, de se réaliser pleinement. Cet état est symbolisé par le hamets, où la perception du réel est faussée par le yetser hara. À l’inverse, la matsa représente la nature originelle de l’être : simple mais éternelle, et incarne ainsi la gueoula, la délivrance, qui marque la sortie de l’exil.

Mais si le hamets est une telle source de corruption, pourquoi sa consommation n’est-elle interdite qu’à Pessa’h ? C’est la question que pose le Zohar.

La réponse réside dans la finalité même du yetser hara : il ne s’agit pas de le détruire, mais de l’exploiter pour le bien.(à titre d’exemple, la Michna dans Pirkei Avot nous enseigne : « Kin’at sofrim marbé ‘homa », c’est-à-dire que l’esprit de compétition entre les élèves peut accroître leur sagesse.)

Toutefois, Pessa’h marque la naissance du Klal Israël. Or, au moment de cette formation, il est essentiel de commencer par être soi-même, sans interférence extérieure. C’est pourquoi, durant cette fête, nous devons nous affranchir du hamets, afin d’atteindre notre essence la plus pure. Ce n’est qu’après cette naissance spirituelle que nous serons prêts à mener le combat consistant à canaliser le mal pour le transformer en bien.

( Le mot le’hem ,pain partageant d’ailleurs une racine avec le mot milh’ama ,combat)

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