משפטים

Le Ramban nous enseigne qu’il existe une juxtaposition entre les Dix Commandements et les lois relatives au eved ivri (Bien que ce terme soit souvent traduit par « esclave », le eved ivri ressemblait en réalité davantage à un travailleur à temps plein bénéficiant de nombreux droits.)

Cette connexion réside dans le fait que le eved ivri recouvre sa liberté à la septième année, un concept à rapprocher du premier commandement, où Hachem Se présente comme celui qui nous a fait sortir d’Égypte : « Ano’hi Hachem Elokeikha, asher hotzeitikha me’eretz Mitsrayim. »

Approfondissons cette notion fondamentale, qui doit imprégner notre conception de la Avodat Hachem (le service divin).

Nos Sages soulignent un détail frappant concernant les Tables de la Loi : le texte dit qu’elles étaient gravées (« h’arout ») sur la pierre, mais ils nous enseignent : « Ne lis pas h’arout (gravé), mais h’erout (liberté), car il n’est de véritablement libre que celui qui se consacre à l’étude de la Torah. »

La profondeur de cet enseignement est la suivante : contrairement à une perception superficielle qui pourrait considérer la Torah comme un ensemble de restrictions, elle est en réalité un chemin vers la liberté véritable. L’homme dépourvu de foi ou de cadre spirituel devient l’esclave de ses passions et de ses pulsions. D’ailleurs, le mot assour (interdit) signifie également attaché, soulignant l’emprisonnement intérieur qu’implique l’absence de maîtrise de soi. En revanche, celui qui se soumet aux mitsvot d’Hachem s’élève au-dessus de ses instincts et accède à une liberté authentique.

Les lois de la Torah ne sont donc en aucun cas une forme d’asservissement, h’ass véchalom, mais une instruction divine destinée à nous parfaire. À l’image d’un père qui impose des devoirs à son enfant pour l’éduquer et le préparer à la vie, Hachem nous a donné Sa Torah pour notre bien, dans un souci de croissance et d’élévation.

Selon l’explication du Gaon de Vilna, le Maamar de Berechit (le premier verset de la Torah) affirme non seulement qu’Hachem est le Créateur, mais aussi qu’Il est la source de notre liberté, celle qu’Il nous a offerte en nous faisant sortir d’Égypte.

(Il est d’ailleurs remarquable que cette notion de liberté soit la première évoquée lorsqu’il est question de notre rapport au divin – soulignant ainsi qu’il ne peut y avoir de véritable service d’Hachem sans liberté intérieure.)

Ainsi, le eved ivri est vendu lorsqu’il a commis un vol. Toute mauvaise action peut être perçue comme une forme de vol envers le Créateur, car elle détourne l’énergie et les moyens qu’Hachem nous donne pour accomplir le bien. Celui qui s’éloigne d’Hachem, source de la liberté véritable, se retrouve paradoxalement asservi.

Le Maharal explique que c’est précisément pour cette raison que le eved ivri n’est esclave que six ans et recouvre sa liberté à la septième année. En effet, le chiffre six représente l’extériorité : les quatre points cardinaux, ainsi que le haut et le bas, soit la manifestation extérieure de l’être humain. En revanche, le sept incarne l’intériorité, le point central, notre moi profond, qui demeure préservé de toute corruption.

Même si l’esclave choisissait de servir son maître éternellement, il serait libéré lors du Yovel (l’année du Jubilé), c’est-à-dire après sept cycles de sept ans. Cette cinquantième année correspond également au cinquantième jour après l’Exode d’Égypte, celui du don de la Torah. Elle marque l’accès à une liberté absolue et inaltérable pour le Ben Israël.

Le Gaon de Vilna enseigne que c’est pour cette raison que la sortie d’Égypte est mentionnée cinquante fois dans la Torah. Durant ces 49 jours, Hachem nous a fait gravir progressivement 49 degrés de pureté, nous extrayant ainsi des 49 portes de l’impureté. Le cinquantième jour, nous avons atteint la 50e porte de la sainteté, un niveau qui transcende tout mal et nous offre une liberté véritable et inaltérable, à l’image du Yovel.

Gardons toujours en mémoire, dans notre Avodat Hachem, cette H’erout (liberté) qui nous est offerte à travers l’accomplissement des Mitsvot. Servir Hachem n’est pas une contrainte, mais une source de libération et d’élévation, qui doit être vécue avec joie et enthousiasme !

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