נשא

Rachi nous rapporte le maamar de nos Sages selon lequel la paracha de la Sota est juxtaposée à celle du Nazir, car celui qui voit une Sota dans sa déchéance spirituelle doit se consacrer comme Nazir afin de réparer l’abaissement intérieur que cette vision peut provoquer.

Essayons de mieux comprendre ce lien profond entre ces deux parachiot.

Le Midrash enseigne que c’est par le mérite d’Avraham Avinou, qui s’est écrié « Anochi afar va’efer » (« Je suis poussière et cendre »), que le peuple d’Israël a mérité la mitsva des cendres de la Sota, cendres versées dans les eaux amères pour éprouver sa fidélité.

L’explication en est la suivante : la mission de l’homme est de s’annuler devant Hachem pour pouvoir évoluer spirituellement, à l’image de la terre qui, en décomposant les graines, permet la germination et la croissance des plantes. C’est ce qu’on appelle dans le langage des Sages aller après la tsoura (la forme spirituelle) et non après le homer (la matière brute).

Ainsi, ces cendres viennent éprouver la Sota : a-t-elle été fidèle à sa tsoura — son mari et son devoir spirituel — ou bien a-t-elle suivi le homer — ses pulsions et désirs ? C’est pourquoi son offrande est composée d’orge, une nourriture animale, symbole de matérialité.

De son côté, le Nazir doit s’abstenir de vin, ne pas se couper les cheveux et éviter toute impureté liée à la mort. Par ces actes, il se détache de la recherche du regard des autres, des plaisirs matériels, et de la tristesse associée à la mort. En d’autres termes, il s’efforce de devenir lui-même une tsoura : un être gouverné par la conscience intellectuelle et spirituelle, maître de la matière.

Ainsi, on peut comprendre que, du Ciel, on lui a montré la Sota pour l’inviter à entreprendre ce chemin du Nazir : incarner une tsoura, et ne pas se laisser emporter par le homer.

C’est cela le sens de l’expression « Nezer Elokav al rosho » : sa véritable couronne est le fait d’être un être spirituel, élevé au-dessus du monde purement matériel.

Dans cette lumière, nous comprenons aussi la chute de Chimchone, qui était un Nazir olam (Nazir à vie). En se laissant séduire par ses yeux — ne serait-ce qu’un peu, à son niveau spirituel pourtant immense — il s’est écarté de sa mission d’incarner une tsoura, pour se laisser entraîner par l’attraction du homer et ses tentations.

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