
Comment ne pas vivre la Torah comme une contrainte, mais comme une source d’épanouissement ?
Nous pouvons comprendre le défi que représente l’accomplissement de la Torah à travers l’exemple d’un enfant.
L’enfant désire naturellement jouer, s’amuser et profiter du moment présent. Ses parents, quant à eux, l’encouragent à travailler sérieusement, car ils se préoccupent de son avenir. Ils savent que les efforts qu’il fournit aujourd’hui lui permettront de construire sa personnalité, d’acquérir des connaissances et de réussir demain.
Il en va de même pour l’homme. Celui-ci aspire naturellement à profiter des plaisirs immédiats de ce monde, tandis qu’Hachem, dans Son immense bonté, se préoccupe de son évolution spirituelle et de son avenir éternel.
Lorsque l’enfant est encore jeune, il peut avoir l’impression qu’on l’oblige à travailler « contre son gré ». Il préférerait certainement continuer à jouer plutôt que de faire ses devoirs. Mais en grandissant, s’il acquiert de la maturité et si ses parents prennent le temps de lui expliquer le sens de ses efforts, il commence à comprendre qu’il ne travaille pas simplement pour leur faire plaisir ou pour éviter une punition. Il est en train de se construire lui-même et de préparer son propre avenir.
Dès lors, son rapport au travail peut profondément changer. Ce qu’il accomplissait auparavant sous la contrainte, il peut progressivement l’effectuer volontairement, avec sérieux et même avec satisfaction.
Il en est de même concernant notre relation à la Torah.
De prime abord, les lois de la Torah peuvent sembler contraignantes. Elles régissent tous les aspects de notre existence, depuis notre réveil jusqu’à notre coucher : notre alimentation, notre parole, nos relations, notre emploi du temps et même nos pensées.
Cependant, lorsque l’on étudie la hachkafa, c’est-à-dire l’esprit et la vision profonde de la Torah, ainsi que les taamé hamitsvot, les raisons et le sens des mitsvot, on commence peu à peu à comprendre ce qu’elles accomplissent en nous.
On découvre alors que les mitsvot ne sont pas seulement une série d’obligations extérieures. Elles sont des instruments de transformation. Elles affinent notre personnalité, éduquent nos désirs, élèvent notre âme et nous rapprochent d’Hachem.
Nous pouvons comparer cela à un sportif. Son entraînement est parfois difficile, fatigant et exigeant. Pourtant, il ne le considère pas nécessairement comme un fardeau. Il peut même aimer cet effort, car il sent qu’il progresse de jour en jour. Chaque entraînement le rend plus fort, plus endurant et plus proche de son objectif.
De la même manière, lorsque l’homme perçoit les progrès spirituels que lui procure la Torah, les efforts qu’elle lui demande prennent une tout autre signification. Il ne les vit plus seulement comme des contraintes, mais comme une source d’élévation et d’épanouissement.
Ces deux étapes correspondent aux paroles prononcées par le peuple d’Israël au mont Sinaï :
« Naassé vénichma » — “Nous ferons et nous comprendrons.”
Dans un premier temps, il y a naassé : nous accomplissons la volonté d’Hachem, même lorsque nous n’en comprenons pas encore pleinement le sens et même lorsqu’une partie de nous ressent cet accomplissement comme une contrainte.
Puis vient vénichma : nous étudions, nous comprenons et nous intégrons progressivement la profondeur de ce que nous accomplissons. Nous ne faisons plus seulement les choses parce qu’elles nous sont ordonnées, mais parce que nous ressentons leur bien-fondé et leur capacité à nous transformer.
Cette double dimension se retrouve également dans la relation que nous entretenons avec Hachem. Nous sommes à la fois Ses serviteurs et Ses enfants.
Le serviteur accomplit la volonté de son maître avec crainte, par soumission et par devoir. Le fils, lui, cherche à accomplir la volonté de son père avec amour, parce qu’il comprend que son père veut son bien.
L’idéal consiste donc à unir ces deux dimensions : conserver la discipline et la soumission du serviteur, tout en développant l’amour, la confiance et la compréhension du fils.
Cette dualité correspond également à la lutte entre le corps et l’esprit.
Notre intelligence est capable de comprendre qu’un effort est parfois nécessaire pour obtenir un bien véritable. Notre corps, en revanche, ressemble souvent à un enfant immature : il recherche avant tout le plaisir immédiat et cherche à fuir tout ce qui exige un effort.
Prenons l’exemple très courant d’une personne qui souhaite perdre du poids. Son intelligence lui recommande une alimentation équilibrée, des légumes et une bonne salade. Mais son corps, lui, lui suggère plutôt des gâteaux, des glaces et tout ce qui lui procurera un plaisir immédiat !
La liberté véritable ne consiste donc pas à suivre constamment les désirs du corps. Elle consiste à développer suffisamment notre esprit pour choisir ce qui est réellement bon pour nous.
Au commencement, la Torah peut être vécue comme une discipline imposée de l’extérieur. Mais à mesure que l’homme l’étudie, la comprend et constate les transformations qu’elle produit en lui, elle devient une source de joie intérieure.
Il ne sert alors plus Hachem uniquement parce qu’il le doit, mais parce qu’il comprend que chaque mitsva le construit, l’élève et le rapproche de la finalité pour laquelle il est venu dans ce monde.
J’adore