שמות

CHEMOT
Le Arizal nous enseigne que l’exil d’Égypte correspond au keter de l’Adam Belial. En d’autres termes, cet exil constitue la source et la racine de tous les exils futurs, les contenant tous en puissance. D’après le Maharal, chacun des quatre exils représente une des trois fautes capitales, avec une nature spécifique qui reflète leur influence spirituelle :

  • Babel est associé à l’idolâtrie (avoda zara), illustrée par la domination de Nebuchadnezzar, qui imposa son culte idolâtre de manière tyrannique.
  • Paras ou Madaï est lié à la débauche (guilouy arayot), car cette civilisation mettait en avant une quête effrénée des plaisirs charnels et physiques.
  • Yavane symbolise le meurtre (shefichout damim), non seulement dans un sens physique, mais aussi conceptuel : cette culture cherchait à dissocier l’esprit du corps, en niant toute transcendance spirituelle pour ne retenir que l’aspect matériel de l’existence.
  • Édom est un mélange de ces trois fautes, avec en supplément la faute du lachone hara, la médisance destructrice, qui est une arme redoutable pour briser l’unité spirituelle et sociale.

L’Égypte, ou Mitsraïm, était une terre où régnait la puissance de l’imaginaire. Ce trait distinctif explique leur maîtrise en sorcellerie, un art qui repose essentiellement sur le pouvoir de l’imagination, ainsi que la dépravation omniprésente dans leur société. L’imaginaire, bien qu’essentiel à l’humain, devient porteur de toutes les fautes capitales lorsqu’il est mal utilisé :

  • Avoda zara (idolâtrie) : Cette faute résulte de l’invention d’un culte étranger qui s’écarte de la vérité du Bore Olam.
  • Guilouy arayot (débauche) : Les désirs interdits, comme toutes les autres taavot, naissent de l’imaginaire qui rend attrayant ce qui devrait pourtant repousser.
  • Shefichout damim (meurtre) : Cette faute survient lorsque l’homme croit, à tort, que son prochain empiète sur son univers, jusqu’à le considérer comme une menace à éliminer. La haine qu’il nourrit à son égard est également un produit de son imaginaire dévoyé.

Ainsi, le véritable travail spirituel consiste à utiliser intelligemment la puissance de l’imaginaire en la soumettant à l’intellect et à la raison. Lorsqu’elle est mise au service de l’emet (vérité), l’union de ces deux forces peut donner naissance à des réalisations constructives, telles que l’élaboration de hidoushé Torah.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut