ASSARA BETEVET

Le 10 Tévet est marqué par trois événements majeurs pour lesquels nous jeûnons : le début du siège de Jérusalem par le roi de Babylone, la mort d’Ezra HaSofer, et la traduction de la Torah en grec sous l’ordre du roi Ptolémée. Dans le traité Massekhet Sofrim, on compare cette traduction à la brisure des premières tables de la loi, soulignant son impact dévastateur pour Israël.

Ces événements, bien que distincts dans le temps et dans leur nature apparente, partagent une racine spirituelle commune, un chorech rouhani. Le jour du 10 Tévet est un point de convergence pour ces tragédies, car elles expriment toutes une diminution de notre connexion spirituelle. Le siège de Jérusalem, par exemple, symbolise une atteinte à notre liberté et à notre capacité d’exprimer pleinement notre vie spirituelle.

De la même manière, la mort d’Ezra HaSofer, dernier prophète du Klal Israël, marque le début d’une ère nouvelle. Privés de la guidance directe des prophètes et de la parole claire de l’Éternel, nous entrons dans une période d’obscurité, avançant avec effort dans les incertitudes de l’histoire.

Quant à la traduction de la Torah en grec, son objectif était de restreindre la puissance spirituelle de la Torah, une puissance qui s’exprime pleinement dans sa langue originelle, le Lashon HaKodesh. Cette traduction visait à enfermer la Torah dans les limites étroites de l’idéologie grecque, que D.ieu nous préserve. C’est pour cette raison que cet événement est comparé à la brisure des premières Tables de la Loi. Ces premières Tables portaient en elles une clarté divine si éclatante que leur simple vision apportait des réponses à toutes nos interrogations.

Ainsi, le jeûne du 10 Tévet nous invite à saisir cette opportunité pour nous élever et renforcer notre lien avec la Torah. Il s’agit de poursuivre l’élan de sainteté insufflé par la fête de Hanouka, pour raviver la lumière au fond de nos cœurs. C’est cette lumière qui nous permet de triompher des ténèbres et de repousser ce « siège » que les forces obscures tentent de dresser pour affaiblir notre éclat spirituel.

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