ENE TOV ELA TORA

La quête du plaisir : un pilier fondamental de l’esprit humain

Un autre pôle essentiel de l’esprit humain est sans aucun doute la quête de plaisir. Si le kavod (l’honneur) représente l’aspiration à « être, » la recherche du tov (le bien) se situe davantage dans « l’avoir » ou, plus précisément, dans la perception. Bien que le désir puisse sembler d’abord pulsionnel, lié au système biologique de récompense, il occupe également une place significative dans la dimension psychique, et donc spirituelle, de l’homme.

L’être humain, intrinsèquement incomplet, ressent un vide profond en lui-même. Son âme aspire à combler ce manque en s’attachant à une entité extérieure capable de le compléter. Cependant, s’il tente de satisfaire cette aspiration en se focalisant uniquement sur les plaisirs matériels, il ne pourra qu’aboutir à une autodestruction. C’est d’ailleurs pourquoi la taava (désir excessif) est mentionnée parmi les trois forces qui « font sortir l’homme de ce monde » (Pirkei Avot).

Prenons l’exemple du plaisir lié à la consommation de nourriture : cette « récompense », conçu avec sagesse par le Créateur pour assurer la survie de l’homme, peut devenir un piège mortel si l’on cède aux excès alimentaires. Et il en va de même pour tous les autres désirs matériels.

C’est là qu’intervient l’enseignement de la Michna : « Ene tov ela tora ». La Torah, point de rencontre entre l’esprit humain et le divin, est la seule véritable voie pour combler ce désir profond de l’âme et pour l’élever vers un plaisir durable et authentique.

Une aspiration profonde à l’union avec le divin

Cette quête fondamentale de combler le vide intérieur trouve son expression dans les paroles du roi David : « Tsama nafchi lelokim » – « Mon âme a soif de Dieu. » Cette soif spirituelle illustre une aspiration profonde de l’âme à se connecter avec le divin. De même, le Chir HaChirim (Cantique des Cantiques) du roi Chlomo utilise la métaphore de l’amour entre un homme et une femme pour décrire l’attachement entre Hachem et le Klal Israël. Ce chant illustre à merveille la profondeur du lien spirituel qui unit l’homme à son Créateur.

Le Rambam, à la fin de Issurei Biah, qualifie la Torah de « Ayélat h’ené » – « biche gracieuse » – évoquant une sagesse qui captive et attire constamment l’esprit de celui qui s’y plonge. Le Zohar Hakadoch, pour sa part, désigne le yétser ha’arayot (l’inclination pour les désirs charnels) comme une force motrice pouvant être sublimée dans un désir ardent d’étude de la Torah.

Ainsi, loin d’être une simple pulsion épistémophilique (soif de savoir), perçue comme une sublimation compensatoire des désirs, et notamment de la libido, l’étude de la Torah constitue en réalité le léh’at’h’ila – la voie royale – vers laquelle tous nos désirs doivent être orientés. La Torah ne vient pas nier les désirs humains, mais les transcender et les orienter vers leur véritable finalité : une union spirituelle et lumineuse avec le divin.

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