
Ben Hametsarim : transformer la douleur en attente de délivrance
La période de Ben Hametsarim correspond aux trois semaines qui séparent le 17 Tamouz du 9 Av. Elle est vécue comme un temps difficile pour le peuple d’Israël, marqué par la peine, le manque et l’exil.
Le Maharal explique que nous nous trouvons alors entre deux “metsarim”, deux limites, deux moments de détresse : les cinq malheurs qui se sont produits le 17 Tamouz, et les cinq malheurs du 9 Av.
Or, le chiffre cinq correspond à la valeur numérique de la lettre hé. On peut ainsi comprendre que ces deux séries de cinq malheurs font allusion aux deux lettres hé du Nom d’Hachem, le Nom de Havaya. Cela nous montre que cette période exprime une forme de voilement très profond de la présence divine dans le monde.
Nous comprenons alors à quel point ce moment est grave pour le Am Israël. Mais en même temps, la Torah ne nous demande jamais de tomber dans la tristesse ou dans le désespoir. Au contraire, elle nous apprend à chercher le tikoun, la réparation.
Ce qui est attendu de nous, c’est de prendre conscience de ce qui nous manque réellement : le dévoilement d’Hachem, Sa présence claire dans le monde, Son règne reconnu par tous. Et lorsque ce manque devient vivant dans notre cœur, nous pouvons alors désirer la délivrance avec plus de profondeur et de sincérité.
Il faut ajouter que le Chabbat de Ben Hametsarim possède une force particulière. Le Chabbat est appelé Raava deRaavin, “la volonté des volontés”, un moment où la profondeur intérieure des choses se dévoile.
Même la rigueur, le din, n’est en vérité qu’une expression cachée du bien d’Hachem, comme un père qui corrige son fils non par rejet, mais par amour, afin de le faire grandir.
Ainsi, précisément pendant Ben Hametsarim, et plus encore pendant le Chabbat de cette période, une proximité très profonde avec Hachem peut se révéler.
C’est dans ce sens que l’on explique le verset :
כָּל רֹדְפֶיהָ הִשִּׂיגוּהָ בֵּין הַמְּצָרִים
“Tous ceux qui la poursuivent l’ont atteinte entre les limites.”
On peut lire ce verset autrement :
כָּל רוֹדֵף י־הּ הִשִּׂיגוּהָ בֵּין הַמְּצָרִים
Celui qui poursuit Hachem, celui qui Le cherche vraiment, peut Le trouver précisément pendant cette période.
Ben Hametsarim n’est donc pas seulement un temps de deuil. C’est aussi un temps d’éveil, de recherche intérieure et de désir profond de guéoula. Plus nous ressentons le manque, plus nous pouvons appeler de tout notre cœur le dévoilement d’Hachem et la reconstruction finale, très bientôt, amen.